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Les familles gouvernantes : pour permettre aux patients de vivre chez eux

Article publié le 22/03/2013 à 14:27

Un groupe de patients emménage en colocation dans un ou plusieurs appartements mitoyens et salarie une gouvernante, une auxiliaire de vie qui s’occupe d’eux au quotidien. C’est le concept des familles gouvernantes.

Les familles gouvernantes : pour permettre aux patients de vivre chez eux

La famille gouvernante représente une solution novatrice pour l’insertion des personnes incapables de vivre seules. Les patients concernés sont incapables de vivre seuls, mais ne nécessitent pas de prise en charge hospitalière.

Créé dans les années 90 par l’Union départementale des associations familiales (Udaf), le concept de famille gouvernante permet à ses bénéficiaires, qu’ils soient handicapés, déficients, ou porteurs de troubles psychiques de former une colocation dans des logements sociaux classiques, loin des hôpitaux ou des foyers d’accueil.

Les colocataires financent le logement en mutualisant leurs allocations (Allocation personne handicapée ou Prestation de compensation du handicap) et sont également co-employeurs d’une « gouvernante ».

Une gouvernante dans chaque colloc

Le terme n’a pas été choisi au hasard. Il s’agit d’un emploi à caractère familial, la salariée ayant pour mission de « veiller au confort physique et moral et d’assurer une présence responsable. » La gouvernante accompagne les locataires dans la vie de tous les jours afin de redonner aux personnes en tutelle un cadre de vie normal.

Les gouvernantes sont connues et issues du quartier, condition essentielle pour favoriser l’intégration des personnes sous tutelle.

Un fonctionnement efficace et peu coûteux

Le service « famille Gouvernante » fonctionne sans aucune subvention. Le coût financier pour chaque adulte est tout à fait acceptable. À partir de cinq adultes employeurs, une création d’emploi est possible.

Ce procédé, en place depuis déjà 10 ans dans la Marne a fait l’unanimité. Les voisins ne ressentent plus la différence des locataires sous tutelle, les médecins peuvent suivre plus efficacement leurs patients grâce à la présence de la gouvernante, les familles sont soulagées de constater la bonne qualité de vie des leurs sous tutelle et enfin, surtout, les majeurs protégés eux-mêmes retrouvent leur dignité, sortent de l’exclusion et peuvent vivre « normalement ».

Philippe, locataire en Charente, témoigne dans le quotidien local Charente Libre : « En échangeant à table le soir ou le matin, j’ai découvert des univers que je ne connaissais pas. Ça m’a permis de nouer des amitiés. De m’ouvrir. »