Une aide familiale peut percevoir entre 0 et plusieurs centaines d’euros par mois selon le dispositif mobilisé. L’Allocation Journalière du Proche Aidant plafonne à environ 63 € par jour, l’APA peut financer jusqu’à 100 % d’un salaire versé par la personne aidée, et certaines caisses de retraite complètent ces montants. Le cadre légal a évolué ces dernières années — les possibilités de rémunération sont réelles, mais conditionnées à des critères précis que cet article détaille point par point.
| Dispositif | Montant indicatif |
|---|---|
| AJPA (salarié ou non) | ~52 € à 63 € / jour |
| APA à domicile (plan d’aide max) | Jusqu’à 1 872 € / mois |
| PCH aide humaine | Jusqu’à 1 864 € / mois |
| Dédommagement par la personne aidée | ~4 € à 4,20 € / heure |
| Aides CARSAT / caisses retraite | Variable selon ressources |
- L’AJPA est accessible aux salariés comme aux indépendants, dans la limite de 66 jours sur toute la carrière.
- La personne aidée peut rémunérer directement un proche via l’APA ou la PCH, sous conditions.
- Les sommes perçues au titre du dédommagement familial sont soumises à l’impôt sur le revenu.
- La demande d’AJPA se fait auprès de la CPAM ; celle de l’APA auprès du Conseil départemental.
Qu’est-ce qu’un aidant familial au sens légal ?
La loi française reconnaît le statut de proche aidant depuis 2016. Il s’agit d’une personne qui vient en soutien régulier à un membre de sa famille — ou à un proche de confiance — en situation de dépendance, de handicap ou de maladie chronique grave. Ce soutien peut être physique, administratif ou psychologique.
Le lien familial n’est pas obligatoirement de sang : un conjoint, un partenaire de PACS, un ami désigné comme personne de confiance peut également être reconnu dans ce rôle. En revanche, pour ouvrir droit à certaines compensations financières, la personne aidée doit elle-même bénéficier d’une prestation sociale spécifique (APA, PCH) ou relever d’un niveau de dépendance évalué (GIR 1 à 4 pour l’APA).
Quelles sont les aides financières auxquelles un aidant familial peut prétendre ?

Plusieurs mécanismes coexistent sans se cumuler toujours entre eux. Voici les principaux canaux d’accès à une compensation financière pour les proches aidants :
- L’AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) : versée par la CPAM ou la MSA, elle compense la perte de revenus liée à une réduction ou un arrêt d’activité professionnelle.
- Le dédommagement via l’APA ou la PCH : la personne aidée utilise tout ou partie de sa prestation pour rémunérer un proche, dans le respect d’un plan d’aide validé.
- Les aides des caisses de retraite : certaines CARSAT ou MSA proposent des interventions financées pour les retraités aidants.
- L’action sociale des mutuelles : selon le contrat, des heures d’aide à domicile peuvent être prises en charge pour soulager le proche aidant.
Combien rapporte l’Allocation Journalière du Proche Aidant par mois ?
L’AJPA est calculée sur la base de 1/22e du SMIC mensuel brut. En 2024, le montant journalier s’établit à environ 63,84 € pour un salarié et 52,60 € pour un non-salarié (travailleur indépendant, chef d’entreprise). Ce dispositif est plafonné à 66 jours sur l’ensemble de la carrière professionnelle — il ne s’agit pas d’un droit rechargeable.
Pour en bénéficier, le proche aidant doit réduire ou suspendre son activité professionnelle. La demande se dépose auprès de la CPAM (pour les salariés du privé) ou de la MSA (pour les travailleurs agricoles). Le versement intervient en compensation directe de la perte de salaire.
Peut-on être rémunéré directement par la personne aidée ?

Oui, sous conditions. Lorsqu’une personne bénéficie de l’APA à domicile ou de la PCH, elle peut choisir d’employer un proche comme salarié à domicile — à l’exception du conjoint ou du partenaire de PACS pour l’APA. Dans ce cas, la rémunération est encadrée par le SMIC horaire et déduite du plan d’aide.
Pour la PCH, le montant du dédommagement familial est fixé à environ 4,20 € de l’heure (ou 6,30 € si le proche a cessé toute activité professionnelle pour s’occuper de la personne). Ce n’est pas un salaire au sens strict, mais une compensation forfaitaire versée directement à l’aidant.
Quel montant peut-on percevoir via l’APA ou la PCH ?
| Critère | APA | PCH |
|---|---|---|
| Public concerné | Personnes âgées (60 ans et +, GIR 1 à 4) | Personnes handicapées (avant 60 ans) |
| Plafond mensuel du plan d’aide | 1 872 € (GIR 1) à 801 € (GIR 4) | Jusqu’à 1 864 € pour l’aide humaine |
| Ticket modérateur | Oui, selon revenus | Non (prise en charge à 100 % sous conditions) |
| Aidant éligible comme salarié | Oui (hors conjoint) | Oui (avec conditions) |
Les revenus d’un aidant familial sont-ils imposables ?
L’AJPA est soumise à l’impôt sur le revenu : elle doit être déclarée au même titre qu’un salaire. Le dédommagement PCH, lui aussi, entre dans le revenu imposable du proche aidant. En revanche, lorsqu’un proche est employé via l’APA et déclaré en chèque emploi service universel (CESU), les cotisations sociales sont prélevées à la source et ouvrent des droits à la retraite.
Quelles conditions faut-il remplir pour toucher ces aides ?

Les critères varient selon le dispositif, mais plusieurs points sont communs. La personne aidée doit présenter un degré de dépendance ou de handicap reconnu et bénéficier d’une prestation sociale ouvrant droit à financement (APA, PCH). Le proche aidant doit quant à lui justifier d’un lien reconnu avec la personne et, pour l’AJPA, d’une réduction effective de son activité.
Un plan d’aide est systématiquement évalué par une équipe médico-sociale (pour l’APA, c’est le Conseil départemental ; pour la PCH, la MDPH). Ce plan définit le volume d’heures finançable et les modalités d’intervention.
Comment faire une demande de rémunération en tant qu’aidant familial ?
La démarche dépend du dispositif visé. Pour l’AJPA, la demande se fait en ligne sur le site Ameli.fr ou MSA.fr, avec un justificatif d’accord de l’employeur si applicable. Pour l’APA, le dossier se dépose auprès du Conseil départemental du lieu de résidence de la personne aidée. Pour la PCH, c’est la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui instruit le dossier.
Dans tous les cas, prévoir un certificat médical récent, les justificatifs de revenus de la personne aidée, et un document attestant du lien entre les deux parties. Les délais de traitement varient de 2 à 4 mois selon les départements.