Devenir aidant familial pour ses parents, c’est un rôle que l’on prend souvent sans y être préparé. En France, plus de 11 millions de personnes accompagnent un proche en perte d’autonomie — et beaucoup ignorent qu’elles ont accès à des droits, des aides financières et un statut officiel. Des dispositifs concrets existent pour vous soutenir : congé de proche aidant, allocation journalière, possibilité d’être rémunéré par vos parents. Cet article vous explique exactement comment vous y retrouver, étape par étape.
| Dispositif | Informations clés |
|---|---|
| Congé de proche aidant | Jusqu’à 3 mois renouvelables, indemnisé |
| Allocation journalière (AJPA) | 64,54 €/jour (taux plein), 32,27 € (temps partiel) |
| Dédommagement par la MDPH | Via l’APA ou la PCH, versé directement à l’aidant |
| Droit au répit | Financement jusqu’à 500 €/an via l’APA |
| Protection sociale | Affiliation à l’assurance vieillesse possible |
- Le statut d’aidant familial n’est pas automatique : il se déclare auprès de la MDPH ou de l’employeur.
- L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) peut être versée pendant le congé de proche aidant.
- Vous pouvez être rémunéré directement par vos parents si leur plan d’aide (APA) le prévoit.
- Des solutions de répit existent pour vous permettre de souffler ponctuellement.
Qu’est-ce qu’un aidant familial exactement ?

Un aidant familial est une personne qui accompagne régulièrement un proche — parent, conjoint, enfant handicapé — dans les actes de la vie quotidienne, sans être professionnel de santé. Cela recouvre des réalités très différentes : aide à la toilette, gestion des rendez-vous médicaux, soutien psychologique, courses, démarches administratives. La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement a officialisé ce rôle et posé les bases des droits qui y sont attachés.
Qui peut devenir aidant pour ses parents ?
Tout membre de la famille peut endosser ce rôle : enfant, conjoint, frère, sœur, mais aussi une personne vivant sous le même toit sans lien de parenté direct. La condition principale est que le proche aidé soit en situation de dépendance (GIR 1 à 4 pour l’APA) ou porteur d’un handicap reconnu (taux d’au moins 80 % ou classé en GIR 1 à 2). Il n’existe pas d’âge minimum légal pour les aidants adultes.
Comment obtenir le statut officiel d’aidant familial ?
Le statut s’obtient principalement via la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) si le proche est en situation de handicap, ou via la demande d’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) auprès du conseil départemental pour les personnes âgées. Dans les deux cas, une évaluation à domicile est réalisée. C’est lors de cette évaluation que votre rôle d’accompagnant est formalisé dans le plan d’aide.
Si vous êtes salarié, vous devez également informer votre employeur par écrit pour déclencher vos droits au congé de proche aidant.
Quelles aides financières peut-on toucher en tant qu’aidant ?

Les aides financières pour aidants familiaux proviennent de plusieurs sources. L’APA finance une partie de l’aide à domicile et peut inclure une rémunération de l’aidant. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) fonctionne de la même façon pour les parents handicapés de moins de 60 ans.
L’allocation journalière du proche aidant (AJPA), versée par la CAF ou la MSA, s’élève à 64,54 € par jour pour un arrêt total d’activité, et à 32,27 € en cas de temps partiel. Elle est accessible pendant toute la durée du congé de proche aidant.
Peut-on être rémunéré pour s’occuper de ses parents ?
Oui, à condition que vos parents bénéficient de l’APA à domicile et que leur plan d’aide prévoit la rémunération d’un aidant familial. Dans ce cas, vos parents vous versent une rémunération directement, dans la limite du montant alloué par le département. Cette rémunération est soumise à cotisations sociales, ce qui ouvre des droits à la retraite.
À noter : un enfant ne peut pas être salarié de ses parents dans le cadre du chèque emploi service universel (CESU) sauf dans des cas très encadrés. L’intermédiaire reste le plan APA.
Comment concilier son travail et son rôle d’aidant ?
Le congé de proche aidant permet de suspendre son contrat de travail jusqu’à 3 mois, renouvelables dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière. Il est possible de le fractionner ou de passer à temps partiel. Certaines conventions collectives prévoient des dispositions plus avantageuses.
Des entreprises proposent aussi des aménagements informels : télétravail, horaires flexibles, jours de congé supplémentaires. La loi oblige simplement l’employeur à réintégrer le salarié à son poste à l’issue du congé.
Quels droits l’aidant familial a-t-il en matière de congés ?

Voici les principaux dispositifs de congés accessibles aux aidants proches :
- Le congé de proche aidant est le plus complet : non rémunéré par l’employeur, mais indemnisé via l’AJPA.
- Le congé de solidarité familiale concerne spécifiquement les proches en fin de vie et dure jusqu’à 3 mois.
- Le congé de présence parentale s’adresse aux parents d’un enfant gravement malade, avec 310 jours ouvrés sur 3 ans.
Où trouver du soutien quand on devient aidant pour ses parents ?
Le portail gouvernemental Je-veux-aider.gouv.fr et le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr centralisent les ressources disponibles. Le Centre Local d’Information et de Coordination (CLIC) de votre département oriente gratuitement. Les associations comme France Alzheimer, l’UNAFAM ou encore Aidants Connect proposent des lignes d’écoute, des groupes de parole et des formations.
Comment prendre soin de soi quand on est aidant ?
Le droit au répit permet de financer jusqu’à 500 € par an de remplacement temporaire via l’APA. Cela couvre une aide professionnelle à domicile, un accueil en hébergement temporaire ou de jour pour le proche. Des formations gratuites pour aidants sont proposées par certaines CARSAT et mutuelles, notamment sur la prévention des troubles musculo-squelettiques liés aux gestes d’aide physique.