Quelles maladies permettent de toucher l’AAH ?

Quelles maladies permettent de toucher l’AAH ?
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L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) représente un soutien financier essentiel pour les personnes dont le handicap limite significativement les capacités à mener une vie autonome. Cependant, de nombreuses personnes se demandent quelles maladies ou conditions médicales donnent droit à cette allocation. La réponse n’est pas aussi simple qu’une liste prédéfinie de pathologies.

Dans cet article, nous faisons le point sur les critères d’éligibilité médicale à l’AAH en 2025, en détaillant les principales catégories de maladies et conditions souvent reconnues, tout en expliquant pourquoi c’est l’impact fonctionnel du handicap, plutôt que le diagnostic lui-même, qui détermine l’attribution de cette aide.

Voici un tableau récapitulatif plus complet des 30 maladies fréquemment reconnues pour l’AAH :

La liste des maladies fréquemment reconnues par la MDPH pour l’évaluation de l’AAH est non exhaustive et évolutive, mais voici les pathologies les plus souvent citées dans les sources officielles et juridiques :

CatégorieMaladiesImpact évalué pour l’AAH
Maladies neurologiques• Sclérose en plaques
• Maladie de Parkinson
• Épilepsie grave
• Sclérose latérale amyotrophique (SLA)
• Maladie d’Alzheimer
• Séquelles d’AVC
Mobilité, coordination, fonctions cognitives, autonomie quotidienne
Troubles psychiatriques• Dépression majeure sévère
• Schizophrénie
• Trouble bipolaire
• Troubles obsessionnels compulsifs sévères
• Trouble de stress post-traumatique
• Agoraphobie invalidante
Capacité à entretenir des relations sociales, gestion du stress, maintien d’une activité régulière
Maladies chroniques• Diabète avec complications
• Polyarthrite rhumatoïde
• Maladie de Crohn/RCH sévère
• Lupus érythémateux systémique
• Fibromyalgie invalidante
• Insuffisance respiratoire chronique
• Insuffisance cardiaque sévère
• Insuffisance rénale chronique
Douleur chronique, fatigue, restrictions physiques, impact des traitements
Cancers• Cancers évolutifs
• Cancers avec métastases
• Cancers en phase de traitement actif
Fatigue, effets secondaires des traitements, limitations fonctionnelles
Troubles neurodéveloppementaux• Autisme/TSA
• Trisomie 21
• Syndrome de Gilles de la Tourette
• TDAH sévère
Autonomie, compétences sociales, capacités d’apprentissage
Déficiences sensorielles• Cécité
• Surdité profonde
• Surdicécité
Communication, mobilité, autonomie dans les actes quotidiens
Autres pathologies invalidantes• Mucoviscidose
• Obésité morbide
• VIH à un stade avancé
• Hépatites chroniques sévères
• Syndrome de fatigue chronique
• Endométriose sévère
Limitations fonctionnelles, fatigue, douleur, restrictions professionnelles

Comment fonctionne l’attribution de l’AAH ?

Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de liste officielle et exhaustive de maladies qui donneraient automatiquement droit à l’AAH. L’attribution de cette allocation repose sur une évaluation globale et individualisée de votre situation par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

Le taux d’incapacité : critère central d’éligibilité

Le facteur déterminant pour l’obtention de l’AAH est le taux d’incapacité évalué par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH :

  • Un taux d’incapacité d’au moins 80% donne accès à l’AAH sans restriction liée à la capacité de travail
  • Un taux d’incapacité entre 50% et 79% permet d’accéder à l’AAH si la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) reconnaît une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi
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Ce taux est évalué selon un guide-barème qui mesure les conséquences fonctionnelles de votre état de santé, indépendamment du diagnostic médical précis.

L’impact fonctionnel : ce qui compte vraiment

L’équipe pluridisciplinaire de la MDPH évalue principalement :

  • Vos limitations d’activité dans la vie quotidienne
  • Vos restrictions de participation sociale
  • Les barrières environnementales que vous rencontrez
  • La permanence de vos difficultés (caractère durable du handicap)

Ainsi, une même maladie peut conduire à des taux d’incapacité différents selon les personnes, en fonction de sa sévérité et de son impact sur l’autonomie.

L’identification des pathologies ouvrant droit à l’AAH constitue une première étape importante, mais elle doit s’accompagner d’une connaissance approfondie des conditions générales de l’AAH qui encadrent l’attribution de cette allocation. Un ensemble de critères qui dépassent la simple question médicale pour englober les aspects administratifs et financiers.

Quelles sont les principales catégories de maladies reconnues pour l’AAH ?

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Bien qu’il n’existe pas de liste officielle, certaines catégories de pathologies sont fréquemment associées à l’attribution de l’AAH, sous réserve d’un impact significatif sur les capacités fonctionnelles.

Les troubles psychiatriques et psychiques

Les troubles psychiatriques constituent une part importante des attributions d’AAH lorsqu’ils limitent significativement l’autonomie et la capacité à travailler :

  • Dépression sévère résistante aux traitements
  • Schizophrénie et troubles psychotiques
  • Troubles bipolaires avec décompensations fréquentes
  • Trouble de stress post-traumatique (TSPT) invalidant
  • Agoraphobie et troubles anxieux graves
  • Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sévères

Pour ces pathologies, l’évaluation porte particulièrement sur la capacité à maintenir des relations sociales, à gérer le stress, à suivre un traitement et à maintenir une activité régulière.

Les maladies neurologiques et neuromusculaires

Les affections neurologiques sont souvent reconnues pour l’AAH en raison de leur impact majeur sur l’autonomie physique et parfois cognitive :

  • Sclérose en plaques, particulièrement dans ses formes progressives
  • Maladie de Parkinson avec symptômes invalidants
  • Épilepsie pharmacorésistante ou avec crises fréquentes
  • Sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot)
  • Séquelles d’accident vasculaire cérébral (AVC)
  • Maladie d’Alzheimer et autres démences

L’évaluation se concentre sur les troubles moteurs, les problèmes d’équilibre, la fatigue chronique et les éventuels troubles cognitifs associés.

Les maladies chroniques évolutives ou invalidantes

Certaines maladies chroniques peuvent donner droit à l’AAH lorsqu’elles génèrent des limitations importantes :

  • Polyarthrite rhumatoïde sévère
  • Fibromyalgie invalidante avec impact fonctionnel majeur
  • Lupus érythémateux disséminé avec atteintes systémiques
  • Maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique sévères
  • Diabète avec complications importantes
  • Insuffisance respiratoire chronique grave
  • Insuffisance cardiaque sévère

Pour ces pathologies, l’accent est mis sur la douleur chronique, la fatigue, les limitations physiques et l’impact des traitements sur la qualité de vie.

Les cancers et leurs séquelles

Les pathologies cancéreuses peuvent être reconnues pour l’AAH, notamment dans les situations suivantes :

  • Pendant les phases actives de traitement lourd (chimiothérapie, radiothérapie)
  • En cas de cancer métastatique ou à pronostic réservé
  • Lorsque des séquelles significatives persistent après les traitements
  • En cas de récidives ou de complications majeures

L’évaluation prend en compte la fatigue intense, les effets secondaires des traitements, l’impact psychologique et les éventuelles limitations fonctionnelles liées à la localisation de la maladie.

Découvrez notre article détaillé sur le montant aah cancer qui analyse ce cas particulier. Un éclairage utile pour mieux appréhender le fonctionnement de cette allocation.

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Les troubles du développement et du spectre autistique

Les troubles neurodéveloppementaux peuvent justifier l’attribution de l’AAH lorsqu’ils limitent significativement l’autonomie :

  • Autisme et troubles du spectre autistique
  • Trisomie 21 et autres anomalies chromosomiques
  • Troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) sévères
  • Troubles spécifiques des apprentissages majeurs (dyslexie, dyspraxie, etc.) avec impact important
  • Retard mental ou déficience intellectuelle

L’évaluation se concentre sur les capacités d’autonomie dans la vie quotidienne, les compétences sociales et les aptitudes à l’apprentissage.

Les déficiences sensorielles

Les handicaps sensoriels peuvent donner droit à l’AAH selon leur degré de sévérité et leur impact fonctionnel :

  • Cécité complète ou partielle
  • Surdité profonde ou sévère
  • Surdicécité
  • Troubles vestibulaires graves

L’évaluation prend en compte les limitations dans la vie quotidienne, la communication et la mobilité, ainsi que l’adaptation possible par des aides techniques.

Comment constituer un dossier solide pour la demande d’AAH ?

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Puisque l’attribution de l’AAH dépend de l’évaluation individualisée de votre situation plutôt que d’un diagnostic précis, la constitution d’un dossier médical complet est essentielle.

L’importance du certificat médical détaillé

Le certificat médical joint à votre demande est une pièce centrale. Pour maximiser vos chances, il doit :

  • Décrire précisément vos limitations fonctionnelles au quotidien
  • Détailler l’impact de votre pathologie sur votre autonomie
  • Mentionner les traitements suivis et leurs effets secondaires
  • Indiquer le caractère évolutif ou stable de votre condition
  • Spécifier les contre-indications professionnelles liées à votre état

Demandez à votre médecin d’être aussi précis et exhaustif que possible, en mettant l’accent sur les conséquences concrètes de votre maladie plutôt que sur le diagnostic lui-même.

Les documents complémentaires à joindre

Pour renforcer votre dossier, ajoutez :

  • Des comptes rendus d’hospitalisation
  • Des résultats d’examens récents
  • Des rapports de spécialistes suivant votre pathologie
  • Des évaluations fonctionnelles réalisées par des ergothérapeutes, kinésithérapeutes, etc.
  • Tout document attestant de l’impact de votre handicap sur votre vie professionnelle

Plus votre dossier sera documenté sur le plan médical, plus l’évaluation de votre taux d’incapacité sera précise.

Que faire si votre maladie ne figure pas dans les catégories « classiques » ?

maladie non reconnue par aah

Si votre pathologie est rare, complexe ou ne fait pas partie des conditions traditionnellement reconnues, ne vous découragez pas. L’AAH reste accessible si votre condition limite substantiellement votre autonomie.

Le cas des maladies rares ou peu reconnues

Pour les maladies rares, émergentes ou controversées (comme certaines formes de fibromyalgie, de sensibilité chimique multiple ou de syndrome de fatigue chronique), il est particulièrement important de :

  • Consulter des spécialistes reconnus de votre pathologie
  • Constituer un dossier médical particulièrement étoffé
  • Détailler avec précision l’impact fonctionnel quotidien
  • Solliciter l’aide d’associations spécialisées dans votre pathologie

L’essentiel est de démontrer que, quelle que soit la reconnaissance scientifique de votre maladie, ses conséquences sur votre vie quotidienne et professionnelle sont réelles et significatives.

Les polypathologies : un cas particulier à bien documenter

Si vous souffrez de plusieurs affections dont aucune ne serait suffisamment invalidante prise isolément, mais dont la combinaison limite sévèrement votre autonomie, assurez-vous que votre certificat médical :

  • Liste l’ensemble de vos pathologies
  • Décrit leurs interactions et leur effet cumulatif
  • Détaille l’impact global sur votre fonctionnement quotidien

La MDPH est tenue d’évaluer votre situation dans sa globalité, en tenant compte de l’effet combiné de toutes vos affections.

Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, l’AAH n’est pas attribuée sur la base d’une liste préétablie de maladies, mais selon une évaluation individualisée de l’impact de votre état de santé sur votre autonomie et votre capacité à travailler.

Ce système, bien que parfois complexe et source d’inégalités territoriales dans l’évaluation, permet une approche plus personnalisée des situations de handicap. Il reconnaît qu’une même pathologie peut avoir des conséquences très différentes selon les personnes et leurs environnements.

Si vous pensez être éligible à l’AAH, n’hésitez pas à contacter la MDPH de votre département ou une association spécialisée dans votre pathologie pour vous accompagner dans la constitution de votre dossier. L’important est de démontrer concrètement l’impact de votre condition sur votre vie quotidienne, au-delà du simple diagnostic médical.

Avez-vous déjà fait une demande d’AAH ? Quelle a été votre expérience avec la MDPH ? N’hésitez pas à partager votre témoignage en commentaire !

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