Entre fin des aides d’État, retour du leasing social et coups de pouce privés, le paysage des subventions pour l’achat d’une voiture électrique a changé de visage en 2025. Alors que les prix restent élevés, surtout à l’achat, plusieurs dispositifs subsistent pour alléger la facture. Reste à s’y retrouver dans ce dédale administratif.
L’après-bonus écologique : bienvenue dans l’ère du « coup de pouce »
Jusqu’à récemment, l’aide star s’appelait le bonus écologique. Facile, intégré directement chez le concessionnaire, il permettait de réduire jusqu’à 5 000 € le prix d’une voiture électrique, à condition qu’elle coûte moins de 47 000 € et pèse moins de 2,4 tonnes. Mais depuis juillet 2025, ce bonus a été remplacé par un nouveau mécanisme : le coup de pouce, financé cette fois par les certificats d’économies d’énergie (CEE).
Contrairement à ce que son nom laisse entendre, ce « coup de pouce » peut atteindre plus de 4 200 € pour les foyers les plus modestes, et jusqu’à 3 100 € pour les autres. La différence ? Ce sont désormais les entreprises du secteur de l’énergie (comme EDF, Engie ou TotalEnergies) qui soutiennent financièrement le dispositif, en partenariat avec certains constructeurs automobiles. Attention toutefois, tous les constructeurs ne sont pas encore prêts. Tesla, par exemple, n’a pas encore finalisé ses accords.
Qui peut en bénéficier ?

Les critères restent globalement similaires à ceux de l’ancien bonus : un prix de vente plafonné à 47 000 €, un poids raisonnable et un bon score environnemental. En revanche, il faut désormais attendre trois ans avant de pouvoir redemander l’aide. Elle s’adresse uniquement aux particuliers achetant ou louant un véhicule neuf éligible. Et si vous faites partie des premiers déciles de revenus, c’est là que le gain est maximal.
Les certificats d’économies d’énergie : version pro et utilitaires

Un second volet des primes CEE s’adresse plus spécifiquement aux professionnels et aux collectivités locales, souvent délaissés par les dispositifs grand public. Là encore, les montants sont significatifs : jusqu’à 4 500 € pour les véhicules utilitaires, et des sommes moindres (de 240 € à 460 €) pour les quadricycles.
Ces primes visent aussi bien les véhicules particuliers que les flottes, à condition d’être en lien avec des constructeurs partenaires. À noter : les montants varient selon le type d’acheteur (particulier, entreprise, collectivité) et le nombre de véhicules concernés.
Le leasing social : le retour, version allégée
Souvenez-vous : début 2024, le leasing social a connu un succès foudroyant. 50 000 dossiers déposés en quelques semaines pour des offres de voitures électriques à 100 €/mois, voire moins. En 2025, le programme revient, mais avec des modalités ajustées :
- L’aide passe de 13 000 € à 7 000 €
- Les loyers varient entre 95 € et 199 €/mois
- Le dispositif reste financé par les CEE
L’objectif est clair : rendre l’électrique accessible aux foyers modestes, même si les conditions sont un peu moins généreuses que l’an passé.
Fin de la prime à la conversion : un vide non comblé
Jusqu’à fin 2024, il était encore possible de toucher jusqu’à 5 000 € pour mettre à la casse une vieille voiture thermique. Ce dispositif emblématique, supprimé en décembre, n’a pas été remplacé en 2025. Une disparition qui pénalise particulièrement ceux qui envisageaient un changement de véhicule avec un soutien conséquent.
Des aides locales encore disponibles (mais très inégales)
Si l’État se retire progressivement, certaines régions, métropoles ou départements poursuivent leur engagement. À titre d’exemple :
- Toulouse Métropole : jusqu’à 5 000 € d’aide pour les foyers sous un certain seuil de revenu
- Rouen Normandie : jusqu’à 4 000 €, en échange d’un ancien véhicule
- Reims Métropole : 6 000 € pour un véhicule propre neuf ou d’occasion
D’autres collectivités comme Nice ou l’Île-de-France ont en revanche mis fin à leur aide. Il est donc essentiel de vérifier localement les dispositifs en vigueur.
Aides pour l’installation de bornes : un soutien toujours actif
Que vous soyez propriétaire ou locataire, vous pouvez toujours bénéficier d’un crédit d’impôt de 75 %, dans la limite de 500 €, pour l’achat et l’installation d’une borne de recharge. Cela s’applique aux résidences principales comme secondaires (hors location). En copropriété, vous pouvez également prétendre à une aide via le programme Advenir, qui finance une partie des installations collectives.
Et pour les entreprises ?
Bonne nouvelle pour les professionnels : les primes CEE leur redonnent accès à des subventions attractives, notamment sur les utilitaires. Les sociétés bénéficient aussi :
- d’une exonération de TVS (taxe sur les véhicules de société) pour les modèles 100 % électriques
- d’un abattement fiscal renforcé à 70 % sur l’avantage en nature
- de subventions locales dans certaines zones comme Paris, Lyon, Grenoble ou la Normandie
- du programme Advenir pour l’installation de bornes dans les parkings d’entreprise
Quid des véhicules d’occasion ?
Depuis février 2024, le bonus de 1 000 € pour l’achat d’un véhicule électrique d’occasion a été supprimé. Aujourd’hui, seule la prime régionale d’Occitanie (jusqu’à 2 000 €) reste en vigueur pour ce type d’achat, à condition que le vendeur soit professionnel et localisé dans la région.
En résumé
Naviguer dans l’univers des aides à l’achat d’un véhicule électrique en 2025 demande patience et précision. Si le bonus écologique a disparu, le coup de pouce CEE et le leasing social assurent une forme de continuité. Les régions et collectivités locales restent des soutiens précieux, bien que disparates. Et pour les professionnels, les instruments fiscaux et techniques demeurent un levier essentiel pour verdir leur flotte.
Bref, si l’investissement reste conséquent, les solutions ne manquent pas pour ceux qui souhaitent franchir le pas de l’électrique — encore faut-il savoir où chercher.

Marc Fouquenet est un auteur spécialisé pour aidefamille.fr, un site dédié aux familles et à l’accompagnement dans les démarches sociales, allocations familiales, gestion de budget, et bien plus encore. Grâce à son expertise en politiques d’aide aux familles, il propose des articles clairs et pratiques pour favoriser le bien‑être familial. Toujours à l’écoute des préoccupations des parents, Marc apporte une réelle valeur ajoutée par ses conseils concrets et adaptés.