Après une pause estivale, le dispositif MaPrimeRénov’, destiné à financer des travaux de rénovation énergétique, va rouvrir ses portes le 30 septembre. Une bonne nouvelle pour les ménages qui attendaient la reprise, mais avec un bémol de taille : les conditions d’accès deviennent nettement plus strictes.
Des aides désormais réservées aux plus modestes
La réouverture concerne uniquement les ménages très modestes, définis par des plafonds de revenus : moins de 1 200 € pour une personne seule et moins de 1 800 € pour un couple sans enfant. Une orientation jugée logique par le ministère du Logement, puisque ce sont ces foyers qui vivent le plus souvent dans des passoires thermiques classées E, F ou G.
Autre contrainte : seuls les gros chantiers sont concernés par cette réouverture, comme l’isolation des murs et de la toiture combinée au remplacement des fenêtres. Pour des travaux plus ciblés – changement de chaudière ou remplacement d’une fenêtre – le guichet n’avait pas été suspendu et reste accessible.
Les candidats devront toutefois se montrer rapides : seuls 13 000 nouveaux dossiers seront acceptés jusqu’à la fin de l’année.
Un plafond d’aides revu à la baisse
Autre changement majeur : le plafond des travaux subventionnés passe de 70 000 € à une fourchette comprise entre 30 000 € et 40 000 €, selon les gains de performance énergétique réalisés. Une baisse significative, surtout lorsque l’on sait que le coût moyen d’une rénovation globale avoisine les 60 000 €.
De plus, le bonus de 10 % accordé pour la sortie d’un logement classé F ou G a été supprimé. Le ministère justifie ce tour de vis par la nécessité de réaliser des économies dans un contexte de forte pression budgétaire, rappelant que l’aide avait été « très avantageuse au départ ».
Des dossiers en attente et des fraudes détectées
Depuis janvier, 53 000 subventions ont déjà été accordées, mais 61 000 dossiers restent encore à traiter. À ce rythme, l’enveloppe annuelle de 3,6 milliards d’euros pourrait être dépassée, puisque 2 milliards ont déjà été dépensés. Pour éviter un dérapage, les nouvelles demandes validées d’ici décembre seront imputées sur le budget 2026 – sous réserve que le dispositif soit reconduit.
La suspension décidée en juin répondait aussi à une autre urgence : la fraude. Près de 13 000 dossiers frauduleux ont été détectés, soit autant d’aides qui ne seront jamais versées. Ce constat a renforcé la volonté du gouvernement de resserrer les critères et de renforcer les contrôles.