Une balade en forêt, un moment de calme au jardin… et soudain, un frémissement dans les herbes, un mouvement furtif. Le réflexe est quasi instantané : peur, sursaut, et parfois, une envie irrationnelle d’écraser ce serpent qui vient troubler notre tranquillité. Pourtant, ce réflexe, bien qu’humain, peut vous mettre dans une situation délicate. Voire illégale.
En France, les serpents sont protégés
C’est un fait peu connu, mais toutes les espèces de serpents vivant en France sont légalement protégées. Depuis 2021, un arrêté ministériel encadre strictement leur protection. Que ce soit une couleuvre, une vipère, ou même leurs œufs ou leur habitat : il est formellement interdit de les blesser, tuer ou capturer.
Et cette interdiction ne s’arrête pas là. Même l’utilisation de certains répulsifs peut être considérée comme une perturbation volontaire, et donc, passible de sanctions. En clair, intervenir contre un serpent, même sans intention de nuire, peut vous coûter bien plus cher que vous ne l’imaginez.
Jusqu’à 150 000 € d’amende et trois ans de prison
La législation française ne plaisante pas avec la biodiversité. En cas d’infraction, vous risquez jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Et ce n’est pas tout : si l’incident se produit dans une zone protégée comme un parc national ou une réserve naturelle, ces peines peuvent être doublées. Imaginez : 300 000 euros pour un serpent que vous pensiez simplement « faire fuir ».
Ce montant peut aussi inclure les frais liés à la prise en charge de l’animal, surtout s’il a été blessé ou déplacé illégalement. Autant dire que la meilleure solution reste… de garder ses distances.
Mais faut-il vraiment craindre les serpents ?
La vérité, c’est que les serpents sont bien plus craintifs que dangereux. Leur réputation de menace rampante est largement exagérée. En réalité, ils fuient dès qu’ils perçoivent des vibrations humaines. La plupart vivent cachés, tapis dans les talus, les ronciers, les sous-bois… bien loin de nos chemins.
Même les vipères, redoutées à tort, ne mordent que si elles se sentent en danger immédiat. Et la morsure, pour elles, représente un acte de défense extrême, rarement utilisé. En général, elles préfèrent battre en retraite, discrètement.
En cas de rencontre, que faire ?
La meilleure chose à faire, c’est aussi la plus simple : ne rien faire. Ne criez pas, ne tentez pas de le prendre en photo, ne vous approchez pas. Éloignez-vous calmement. Le serpent ne cherche pas l’affrontement. Il cherche à partir.
Si, toutefois, un serpent s’installe près de votre maison ou dans un lieu trop fréquenté, il existe une alternative responsable : faire appel à un professionnel. Des associations et réseaux comme SOS Serpents interviennent pour capturer et relocaliser l’animal, en toute sécurité, sans mettre quiconque en danger.
La nature mérite qu’on la respecte, même quand elle nous fait peur
Un serpent dans votre jardin, ce n’est pas un envahisseur, c’est un habituel discret de nos campagnes, un régulateur naturel utile, notamment contre les rongeurs. Le croiser est souvent impressionnant, certes, mais ce n’est pas une raison pour agir dans la panique.
Rappelons-le : la peur est instinctive, la violence ne doit pas l’être. Et face à un animal protégé, la meilleure réponse reste toujours la prudence… et un peu de recul. La prochaine fois que vous apercevrez une silhouette onduler dans l’herbe, respirez un bon coup. Et laissez la nature faire son chemin.

Marc Fouquenet est un auteur spécialisé pour aidefamille.fr, un site dédié aux familles et à l’accompagnement dans les démarches sociales, allocations familiales, gestion de budget, et bien plus encore. Grâce à son expertise en politiques d’aide aux familles, il propose des articles clairs et pratiques pour favoriser le bien‑être familial. Toujours à l’écoute des préoccupations des parents, Marc apporte une réelle valeur ajoutée par ses conseils concrets et adaptés.